Agréments comparés du train et de la route
Points de départ et d’arrivée identiques: deux voyageurs – deux moyens de transport – deux itinéraires
En voiture
Pour relier Zermatt à Saint-Moritz, il faut compter pas moins de neuf heures de route. Un voyage en cabriolet agrémenté de paysages parmi les plus beaux de Suisse.
Le système de navigation de la Renault Mégane CC TCe 130 me suggère de passer par les cols de la Furka et de l’Oberalp, de traverser la Surselva jusqu’à Tiefencastel puis d’emprunter le col du Julier. Voilà le trajet le plus court (283 km) et le plus rapide (6 h) pour rejoindre Saint-Moritz depuis Zermatt. Il ne me tente pas, l’objectif n’étant pas de parvenir au but en un temps record, mais de se faire plaisir et d’admirer les paysages. J’opte pour la variante des trois lacs (370 km), avec deux incursions en Italie: Zermatt–col du Simplon–Verbania–lac Majeur–Locarno–Lugano–lac de Lugano–Porlezza–lac de Côme–Chiavenna–col de la Maloja–Saint-Moritz.
Toit fermé
Le temps est maussade: sous une pluie constante, le toit du coupé-cabriolet restera fermé. Je m’élance à 10 h 15 du parking couvert de Täsch – on n’accède pas à Zermatt en voiture – et arrive à Viège au bout d’une demi-heure. On circule au pas pour traverser la localité, puis le rythme s’accélère sur la route bien aménagée qui mène au col du Simplon, où je m’arrête à midi pile pour une pause café.
Même par une température peu estivale de 9° C, cela fait du bien de respirer l’air de la montagne et de s’étirer les jambes en contemplant la vue. Le voyage continue par l’étroite vallée de Gondo jusqu’à Domodossola en Italie, d’où un tronçon d’autoroute cahoteux mène à Verbania sur les rives du lac Majeur.
Pause de midi dans le sympathique restaurant Mignon. Je poursuis vers Locarno par la route du lac, qui traverse les villages pittoresques de Cannero Riviera, Cannobio et Ascona. Par manque de temps, je renonce à une visite. Turbocompresseur aidant, j’avale allègrement l’autoroute du Monte Ceneri jusqu’à Lugano. Dès le passage de la frontière à Gandria, la contrée est charmante mais la route étroite et le trafic dense. La situation s’améliore après Porlezza: au-delà des collines, on rejoint Menaggio au bord du lac de Côme, dont les rives sont également ponctuées de villages pittoresques. Ici non plus, pas de visite faute de temps. Après les virages en épingle du col de la Maloja, j’arrive à 19 h 30 à Saint-Moritz, destination finale, sous une pluie battante.
Coûts & conseils
En train
Confortablement attablés dans un wagon panoramique du Glacier Express, nous avons tout loisir de nous extasier devant les 291 ponts, 91 tunnels et les viaducs légendaires.
A 10 h 10 précises, les wagons panoramiques du Glacier Express quittent la gare de Zermatt. S’engageant dans l’étroite et vertigineuse vallée de Saint-Nicolas, le convoi traverse forêts de mélèzes et galeries de protection. Par beau temps, un dernier coup d’œil en arrière permet de saluer le Cervin mais, aujourd’hui, les nuages sont bas et chargés de pluie.
Cependant, dans l’immédiat, le personnel de bord requiert notre attention. Aimable et attentionné, il nous sert des boissons et prend les commandes pour le repas de midi. Goulache ou poisson? Ou peut-être une galette aux légumes pour les végétariens? Au moment où le train file à travers Viège, toutes ces formalités ont été liquidées. Bientôt, les passagers contemplent les prés verts où ruminent des troupeaux de vaches et s’extasient devant les chalets pittoresques nommés Gentiane, Bettina ou Aurore.
A 11 h 45, arrêt à Brigue pour prendre de nouveaux passagers. Dès lors, il ne reste plus un siège de libre. Comme toujours ou presque, le Glacier Express affiche complet: après tout, il transporte plus de 250 000 personnes par an. Peu après midi, le repas est servi dans les wagons: de la viande, des légumes et du riz à volonté.
Viaducs monumentaux
A 13 h 45, le Glacier Express atteint le point culminant de son parcours. Tracté par une locomotive à crémaillère, il s’est hissé à 2033 mètres d’altitude. Sous la pluie et les nuages, le paysage est peu accueillant et des restes de neige grisâtre jonchent le sol par endroits.
Après Coire, avertis par le personnel de bord, les passagers sont aux aguets. Il s’agit de photographier l’ouvrage le plus célèbre du trajet: le viaduc franchissant la Landwasser. Long de 130 mètres et haut de 65 mètres, il figure sur chaque prospectus. Mieux vaut être rapide: c’est une affaire de secondes. Heureusement, les six viaducs qui émaillent la ligne de l’Albula offrent eux aussi des points de vue spectaculaires.
Au moment où le Glacier Express entre en gare de Saint-Moritz, après huit heures et demie de voyage, la carte mémoire de l’appareil photo contient un nombre considérable d’images, et ce malgré la pluie.
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