Reportage
Toggenbourg

  • Le Toggenbourg en raquettes
  • Une taille humaine
  • Identité montagnarde bien affirmée
Loisirs

2011
Le Toggenbourg en raquettes
A l’opposé des stations clinquantes, le Toggenbourg (SG) a su garder taille humaine et identité montagnarde bien affirmée. Pour le découvrir, on parcourra sans modération les itinéraires de raquettes à neige.

Si vous êtes allergique aux villes à la montagne, entendez par là les méga-stations grouillantes de monde, mettez le cap sur le Toggenbourg, dans le canton de
St-Gall. Vous vous sentirez parfaitement à l’aise dans les bourgades de Wildhaus, Unterwasser ou Alt St. Johann. La vie quotidienne suit paisiblement son cours autour de l’école, la poste, l’auberge communale et les petits commerces. Le tissu social n’ayant pas subi les altérations du tourisme de masse, il y règne une atmosphère villageoise imprégnant les vacances d’une agréable quiétude.

Démarche de canard

Mais que les fondus de glisse se rassurent, ils se trouvent à la bonne adresse. Le Toggenbourg est la patrie de Karl Alpiger, médaillé de bronze aux Championnats du monde de ski alpin en 1987 et 1989, dont la famille exploite maints commerces et restaurants de la région. Modernes, les remontées mécaniques vous transportent en quelques minutes sur un domaine skiable culminant à 2300 mètres, où l’on peut s’adonner à toutes les déclinaisons de la glisse. Côté randonnées, une vingtaine d’itinéraires attendent les amateurs de raquettes à neige. Mais il convient d’y aller crescendo.

En guise de mise en jambes, commençons par un parcours de deux heures entre Sellamatt et Zinggen. Départ au sommet du télésiège de Sellamatt, à 1390 mètres d’altitude. Les premiers pas sont malaisés, car la largeur des raquettes oblige à marcher jambes légèrement écartées. A la façon d’un canard, nous nous lançons laborieusement sur les premiers mètres du chemin balisé, une descente immédiatement suivie d’un raidillon. La respiration devient haletante et le cœur tape dans la cage thoracique. Heureusement que la suite est plus douce, soit une succession de lacets conduisant à un plateau offrant une vue imprenable sur la chaîne des Churfirsten, les montagnes emblématiques du Toggenbourg. On ne se lassera jamais de les contempler, telles des vagues s’élançant vers le firmament et animées d’une constante ondulation.

Après ce délectable coup d’œil, nous poursuivons notre route à travers des endroits inaccessibles aux skieurs. Dans une clairière au milieu d’un sous-bois, nous stoppons quelques secondes pour écouter le bruit du vent dans les arbres et admirer les nuages aux formes animales glissant dans l’azur. Car la rencontre avec la nature constitue l’un des principaux agréments de la balade en raquettes. A l’écart des pistes de ski, il n’est pas rare de se retrouver complètement seul, dans des endroits semblant inviolés. En deux heures, nous ne croiserons que deux autres randonneurs.

Natel et pique-nique

Ressourçante, la solitude peut aussi avoir son revers si l’on s’égare ou en cas de subite fringale. Précaution élémentaire: emporter avec soi un téléphone portable et un pique-nique. Il est conseillé de boire régulièrement pour pallier la déshydratation consécutive à l’effort, surtout s’il fait chaud. Cheminant sous le soleil, nous absorbons toutes les dix minutes une rasade de liquide. Contrastant avec la chaleur ambiante, nous passons devant une zone ombragée où pendent jusqu’au sol des grappes de glaçons. Puis le sentier balisé nous ramène en terrain dégagé et redescend à notre point de départ, le télésiège de Sellamatt. Sur la terrasse du restaurant, confortablement installés, nous dégustons une tarte aux pommes bien méritée. Le bilan de cette promenade inaugurale étant satisfaisant, nous convenons de nous attaquer le lendemain à un itinéraire plus corsé.

A l’aube, alors que le village de Wildhaus dort encore, nous chaussons nos raquettes au départ de la montée menant à Gamplüt, puis à Fros. Au programme 350 mètres de dénivellation pour une longueur de 6 km, soit quelque 3 heures de randonnée.
Avant de s’élancer, quelques mouvements d’échauffement sur la place de parc de Chuchitobel s’imposent, car l’itinéraire n’autorise guère de mise en train en douceur. La rude ascension commence dès les premiers mètres. Nous gravissons tant bien que mal la pente jusqu’au sortir de la forêt, et constatons que l’on ne voit pas encore le sommet. Il nous faut maintenir l’effort une bonne demi-heure avant d’atteindre Gamplüt, d’où l’on rallie facilement Fros, point culminant de cette balade. En nage mais heureux, nous nous reposons au pied de cette montagne à la découpe caractéristique de visage humain, celle-là même qui magnétise le regard des touristes de passage à Wildhaus. Ayant réussi la seconde épreuve, nous voilà parés pour des randonnées plus exigeantes, de 5 à 6 heures, comme il en existe plusieurs dans le Toggenbourg.

Vue sur le Säntis

Mais en guise de récompense, et pour reposer nos jambes, nous nous octroyons le bucolique itinéraire menant aux lacs de Schwendi (Schwendiseen). La montée s’effectue en télésiège jusqu’à la station Wildhaus-Oberdorf, d’où nous cheminons au plat avec une vue imprenable sur le Säntis. D’instructifs panneaux disposés autour des lacs nous renseignent sur la faune et la flore locale. Au retour, on pourra jeter son dévolu sur l’une des sympathiques auberges de montagne jalonnant le parcours. Une belle manière de terminer la journée, en admirant l’un des paysages alpins parmi les plus beaux de Suisse.

  • Texte: Jacques-Olivier Puidoux / Photos: Ex-Press, Heike Grasser

Satisfaire la soif grandissante de nature

De par sa topographie, le Toggenbourg offre des conditions idéales à la pratique de la raquette à neige. Un capital mis en valeur au fil des ans par le développement d’un réseau de sentiers. Aujourd’hui, 19 itinéraires sont proposés, «ce qui couvre l’essentiel des besoins», précise Susanne Wickli, cheffe de projet marketing à l’Office du tourisme du Toggenbourg. Laquelle croit fermement aux possibilités de développement futures: «Nous sommes convaincus du potentiel touristique de cette activité et entendons proposer de nouveaux forfaits hôteliers axés sur la raquette.» Si cette offre satisfait la soif grandissante de nature, elle répond également à l’envie des vacanciers de varier les activités, alternant ski et raquettes, en groupe ou en solitaire: «Beaucoup de raquetteurs sont des individualistes à la recherche de calme et de repos», conclut Susanne Wickli. Davantage d’informations auprès de l’Office du tourisme du Toggenburg, tél. 071 999 99 11, www.toggenburg.ch.

  • Jacques-Olivier Puidoux

Les adeptes de la raquette à neige veilleront aussi à prévoir des plages de repos.

___________________________ Dans le Toggenbourg, les itinéraires de randonnée en raquettes vous emmènent dans de charmants coins isolés.

Journal Touring