Reportage de voyage
Tchéquie

  • Les secrets de fabrication de la boisson nationale
  • La Bohême du sud
  • La Bohême de l'ouest
Loisirs

2012
Féerique Tchéquie pétrie de séduction
Notre voyage de lecteurs Touring vous entraîne à la découverte d’un patrimoine historique parmi les plus remarquables d’Europe, et du pilier de la culture nationale tchèque: la bière.

Dès le passage de la douane tchèque, on remarque que l’on pénètre dans un pays qui connut un destin différent de l’Europe de l’Ouest. Ni villas coquettes, ni ronds-points fleuris ou allées de géraniums dans les villages que nous traversons. Bon nombre de maisons attendent d’être rénovées et les jardins ressemblent à des terrains vagues. Cinquante ans de communisme ont laissé des stigmates... mais ont aussi empêché le bétonnage effréné des campagnes si fréquent chez nous. Jetez un oeil par la fenêtre du bus: de magnifiques forêts s’étendent à perte de vue environnées de grasses prairies et de lacs étincelants. On a d’autant plus le loisir de les admirer que le bus «surfe» littéralement sur des routes en parfait état, car construites ou rénovées pour la plupart après 1990. De quoi faire rêver l’Helvète: imaginez une autoroute à six pistes quasiment vide.

Lyrisme intemporel

La sensation d’espace et de sérénité se confirme à Marienbad, première étape de notre voyage de lecteurs. «La santé est le capital le plus précieux »: telle pourrait être la devise de cette cité de 15 000 habitants qui a popularisé au dix-neuvième siècle déjà la notion de wellness. Une quarantaine de sources bienfaisantes y jaillissent, exploitées depuis 1813 par des centres thermaux publics. Les nombreux établissements de cure dispensent des soins contre la bronchite, l’asthme, les allergies, les problèmes rénaux, cardiaques, urinaires, etc. Il n’existe aucun mal sur terre - ou presque - qui ne soit traité à Marienbad. Et si l’on ne repartira pas forcément guéri, on aura du moins vécu un séjour marqué du sceau de la quiétude et d’une profonde relaxation. Car ici, tout est calme et harmonie. Flâner, humer le temps qui passe, goûter aux attraits de la lenteur... sans oublier d’assister au saisissant spectacle de la Fontaine chantante. Chaque heure impaire, celle-ci exécute une chorégraphie de jets d’eau sur un air de musique classique. De la symbiose entre Tchaïkovski et l’enchaînement des séquences aquatiques se dégage une indicible poésie. Un qualificatif qui sied d’ailleurs à merveille à l’ensemble de Marienbad, où règne un lyrisme intemporel. Mais trêve de romantisme: le moment est venu de s’initier aux secrets d’une vénérable tradition tchèque, la bière.

Fontaine à bière

A huit kilomètres de Marienbad, nous sommes accueillis par Jiri Plevka, patron de la brasserie artisanale Chodovar, où sont fabriquées sept variétés de bières. Tout au long de la visite, il révélera les secrets permettant de produire des breuvages de haut vol: «Une eau de source d’excellente qualité et des ingrédients en provenance de la région. Après 10 à 25 jours de fermentation, on laisse reposer la bière entre 3 et 5 mois dans les cuves. Cette longue période est un gage de qualité. » Pour s’en convaincre, rendez-vous à la fin de la visite autour de la fontaine à bière pour une sympathique dégustation. Et de constater que nos hôtes tchèques ne crachent pas dans leur verre, raison pour laquelle la consommation moyenne s’élève à quelque 142 litres par personne par année!

Bon pour la santé

Une tout autre ambiance nous attend à Pilsen, sur le site de production de la célèbre bière Pilsner Urquell. Une enfilade de bâtiments imposants de briques rouges se dressent, entourés de centaines de caisses de bière et d’une multitude d’engins de chantier pour la manutention. L’ensemble est si vaste que l’on se déplace en bus d’un endroit à l’autre de la brasserie. Quelque 1000 employés s’affairent à la production de 10 millions de litres par année. Si la dimension est industrielle, la provenance locale des ingrédients joue un rôle déterminant. Elle est garante de la saveur particulière de la Pilsner Urquell et de la consistance de sa mousse: «Une vraie Pilsner a une mousse qui se maintient environ 5 minutes, et laisse des stries sur le verre», nous explique Tomas Raboch, notre guide, qui ne tarit pas d’éloges sur les vertus de la boisson nationale tchèque: «Pour les problèmes de reins, mon médecin recommande la bière».

Prague, et sa petite sœur

Au terme de ce revigorant interlude, nous mettons le cap sur Prague au milieu d’un trafic automobile dense, mais qui reste fluide jusqu’à l’hôtel. Un état de fait impensable dans une autre capitale d’Europe, ou même dans nos villes suisses. Des bouchons, on en rencontre par contre dans les ruelles piétonnes du centre-ville où déambule un flux ininterrompu de touristes. Tête en l’air, avançant à la vitesse de l’escargot, ils photographient les innombrables monuments qui donnent à Prague sa réputation de plus belle cité d’Europe. Devant le Musée national s’étire la Wenzel Platz chère au cœur des Praguois, puisqu’ils y manifestèrent en masse en 1989 pour exiger le départ des dirigeants communistes. Après avoir parcouru ces lieux noirs de monde, nous aspirons à un endroit retiré de l’agitation urbaine. Nous le trouvons dans le jardin Wallenstein, bel exemple d’architecture baroque. Assis sur un banc, on admire l’ordonnancement géométrique des allées traçant quatre cours intérieures autour d’une pièce d’eau. En été, des concerts y sont donnés. Mais l’atmosphère feutrée et le bruit de l’eau suffit à notre plaisir. Et c’est avec un pincement au coeur qu’il nous faut quitter Prague... vite consolé par l’annonce que le trajet du retour en Suisse passe par Krumau, surnommée la petite Prague.

  • Auteur: Jacques-Olivier Pidoux

La Fontaine chantante de Marienbad

Musicien dans l'âme

Visite de la Brasserie

Cuve de Chodovar

Krumau, la petite Praque