Les antipodes en camping-car
Sillonner de somptueux paysages de montagne, des baies et des lacs en camping-car, c’est s’offrir un séjour néo-zélandais alliant fascination et détente, auquel on peut même adjoindre une touche suisse. Encore deux mètres vers l’avant, puis un peu vers la gauche. Ça y est, l’emplacement est idéal. Près de la table, un lac qui scintille, derrière le lit, une prairie où paissent des moutons. Notre petite maison de vacances est située sur les rives du fabuleux lac Wanaka, au coeur de l’Île du Sud en Nouvelle-Zélande. Hier encore, le salon, la cuisine et la chambre nous offraient une vue imprenable sur la rivière Karawau et les pittoresques petites maisons de l’ancien village de chercheurs d’or d’Arrowtown. Viendront ensuite les plages bordées de falaises et les forêts vierges de la côte ouest. Car notre «petit chez nous» a quatre roues, six vitesses, un réservoir d’essence, de gaz, d’eau et d’eaux usées. En clair: un camping-car, ou «campervan», comme on dit ici, d’une longueur de 6,8 m.
Au gré de vos envies
La Nouvelle- Zélande se prête parfaitement à un périple en camping-car. Les routes y sont bonnes, le trafic hors des villes y est modéré, voire réduit, et le pays recèle de superbes campings, certains proposant même un espace bien-être. Il est en outre possible de passer la nuit sur l’un des nombreux parkings et aires de stationnement en toute légalité. Hors des mois de décembre et janvier, durant lesquels il est indispensable de réserver, cette petite maison sur roues offre également une liberté optimale. Prendre la route, s’arrêter et passer la nuit où bon nous semble procure une sensation d’évasion à nulle autre pareille.
Toutefois, pour le néophyte, conduire ce type de véhicule n’est pas évident. Il convient tout d’abord d’assimiler les fonctions des multiples leviers, boutons et interrupteurs dans la cabine de pilotage, la cuisine, les toilettes et le salon. Il vous faudra ensuite vous familiariser avec les «joies» de la conduite à gauche, les routes de montagne sinueuses, les ponts à une voie, les averses aussi puissantes que subites et les fortes bourrasques faisant tanguer le véhicule. Et toujours les mêmes questions: y aura-t-il deux places de stationnement l’une derrière l’autre sur le parking du supermarché? Est-ce que je ne risque pas de heurter un avant-toit?
Mais quelques jours suffisent pour maîtriser tous ces paramètres. On sait désormais où se trouve le chauffage, où brancher le tuyau d’évacuation des eaux usées et comment ranger la vaisselle pour éviter qu’elle ne se déplace pendant le trajet. Et l’on se rend bien vite compte que les indications officielles sur la durée des trajets ne sont jamais exactes. Pour voyager en campervan, il faut avoir du temps et savoir le prendre. En effet, une vitesse de croisière modérée est de rigueur et les panoramas grandioses sont autant d’invitations à s’arrêter. Par exemple quand le glacier Franz Josef brille de mille feux argentés dans la lumière de l’aube; quand le mont Cook, point culminant de la Nouvelle-Zélande, émerge soudain des nuages; quand des dauphins s’ébattent sous vos yeux amusés dans le Queen Charlotte Sound, ou lorsque des phoques se dorent au soleil le long de la route menant à Kaikoura. De temps à autre, la voiture laisse la place au vélo, au kayak ou aux chaussures de randonnée pour découvrir d’encore plus près la diversité des paysages. Et que diriez-vous d’une balade en bateau au coeur des paysages enchanteurs, des fjords de l’île du Sud, d’une randonnée à travers la mythique forêt de Kauri dans l’île du Nord, ou encore d’une excursion pour observer les baleines?
Paradis des individualistes
Devant tant de nature, on en oublierait presque que la Nouvelle-Zélande compte aussi des villes. Christchurch et son charme méridional, Dunedin aux accents écossais, Auckland, centre économique du pays, sans oublier la capitale Wellington, séduisent par leur architecture, de superbes parcs et d’agréables avenues commerçantes. Une visite du passionnant musée national «Te Papa» de Wellington est un must pour les touristes. Du point de vue culinaire également, la Nouvelle-Zélande n’est pas en reste. Partout dans le pays, de nouveaux restaurants gastronomiques ont vu le jour depuis quelques années. Pour qui dispose d’un campervan avec cuisine entièrement équipée, le moindre supermarché est un pur bonheur: les steaks, les salades, les fruits, les meules de fromage et les tartes s’y entassent, dans des tailles gargantuesques et à des prix dérisoires. Seul regret, le pain mou guère appétissant. Et tous ces produits savoureux se dégustent de préférence avec un sauvignon blanc ou un chardonnay sélectionné chez le vigneron. Au terme de ce voyage en campervan, on se remémore le plaisir d’un superbe saumon acheté dans une ferme piscicole sur le bord de la route, la frayeur ressentie lorsqu’un opossum a grimpé sur le toit en pleine nuit, ou la surprise de tomber sur un petit pingouin en ouvrant la porte, le matin au réveil. Et la chance de trouver une pépite d’or à Arrowtown. Christa Arnet
Hospitalité suisse au fin fond de la Nouvelle Zélande
Lors d’un voyage en Nouvelle-Zélande, il n’est pas rare de tomber sur des expatriés suisses travaillant dans le tourisme. On les rencontre parfois même dès l’arrivée. Claudio Rüegger officie ainsi comme directeur des ventes de l’élégant hôtel Hyatt Regency d’Auckland, tandis qu’Eve Häuptli oeuvre pour Explore NZ, une société basée à Auckland qui propose des balades en voilier, en yacht et des sorties pour observer les baleines. Originaire de Soleure, Iris Abächerli travaille quant à elle dans les montagnes de l’île du Sud. Avec son mari, Gary Dickson, guide de montagne et moniteur de ski néo-zélandais, elle dirige la société de trekking et d’excursion Alpinism & Ski, sise dans le village de Wanaka. D’octobre à mai, ils organisent des randonnées, des excursions à la carte en montagne et à ski, et proposent des hébergements très cosy. Logé comme chez des amis: tel est le concept proposé par Heidi et Werner Plüss à Blenheim, dans la pointe nord de l’île du Sud. Suite à des vacances en Nouvelle-Zélande, cet entrepreneur et son épouse, responsable de projet chez Swissair, ont décidé de quitter Wangen (ZH) pour réaliser leur rêve: gérer leur propre établissement avec un vignoble. Aménagée avec beaucoup de goût, la villa édouardienne Peppertree compte désormais parmi les plus beaux bed & breakfast de Nouvelle-Zélande. A deux pas de là, deux autres domaines viticoles portent des noms suisses: Fromm Winery fondé par Georg Fromm et Herzog Winery, propriété de Hans Herzog. On peut également déguster les vins Herzog dans le restaurant attenant.
Bon à savoir
S’y rendre: la compagnie aérienne nationale Air New Zealand propose des liaisons quotidiennes entre Londres et la Nouvelle-Zélande, via Hong-Kong ou Los Angeles. Correspondances depuis/vers la Suisse avec Swiss. www.airnewzealand.com. Quand y aller: d’octobre à avril. Choix des itinéraires: ne pas prévoir trop de kilomètres chaque jour. Attention: les routes non goudronnées sont interdites en caravane. Hébergement: les «Top 10 Holiday Parks» sont ce qui se fait de mieux. www.top10.co.nz. Prix/nuit/véhicule pour 2 personnes: 15–40 NZD. Hors des villes, camping sauvage autorisé quasiment partout.
Pancake Rocks

