Reportage
Maldives

  • Pieds nus au paradis
Loisirs

2011
Merihi est un paradis sur terre
Une lagune turquoise, du sable fin et un superbe récif

Les Maldives constituent la quintessence absolue des vacances balnéaires. Nul endroit au monde ne propose un condensé aussi saisissant de plages baignées d’eau turquoise sous les palmiers.

A dix bonnes heures de vol de la Suisse, elles émergent de l’immensité de l’océan Indien, comme par un heureux hasard. Vert émeraude, ourlées de plages de sable fin, baignées de lagunes turquoises, ces îles sont l’incarnation même du paradis terrestre. Au nombre de 1196 exactement, elles sont éparpillées sur une surface de 820 km de long et de 130 km de large, et regroupées en 26 atolls. Seules une centaine d’entre elles sont exploitées par l’industrie touristique. Il n’en faut pas davantage pour réaliser les rêves de vacances les plus fous. Goûter au doux farniente sous le soleil, savourer une cuisine légère et goûteuse, nager dans les flots transparents, ou se plonger enfin dans ce livre dont on repousse la lecture depuis des mois. Une seule décision incombe chaque jour au vacancier: vais-je faire le tour de l’île par la gauche ou par la droite? Bien entendu, la promenade se fait pieds nus. Sur chaque îlot, quel que soit le lieu de séjour, simple ou élégant. Au petit-déjeuner comme au dîner, on demeure pieds nus sous le soleil.

Gigantesque aquarium

Ce principe démocratique, les îles l’appliquent également aux plongeurs et aux adeptes du tuba, à qui elles réservent le même traitement. Ailleurs, seuls les premiers peuvent espérer se retrouver nez à nez avec une baleine ou un marsouin. Aux Maldives, même les seconds ont droit à un spectacle de toute beauté. N’ayez crainte, un tête-à-tête avec un requin baleine est peu probable, mais on ne peut exclure une rencontre inopinée avec un requin à pointe noire, ou requin des lagons, heureusement inoffensif. Mérous, raies aigles, seiches, gigantesques bancs de poissons multicolores et tortues de mer font partie du spectacle subaquatique. Un spectacle littéralement à portée de main sur ces îles coralliennes: dès qu’on met la tête sous l’eau, les poissons, curieux, s’approchent pour observer ce nouvel intrus dans leur espace vital. Autant de rencontres muettes et magiques. Allongée et étroite, l’île d’Helengeli offre tout cela. «Un coin de paradis à l’atmosphère tranquille et familiale pour les amateurs de plongée, avec un récif de corail abritant de multiples espèces juste devant la porte»: c’est ainsi que la décrit Manfred Pozvek, son manager originaire de Granges, dans le canton de Soleure. Les hôtes sont hébergés dans des bungalows propres et fonctionnels, sans téléphone ni téléviseur. Principal sujet de conversation en français et en suisse-allemand: la plongée et le tuba. Dès l’arrivée, tout le monde se tutoie, l’atmosphère est détendue et amicale.

Vacances actives

En cas de pluie – cela peut arriver, même une journée entière – il y a des solutions de rechange. De surcroît sur l’île de Meeru, plus grande qu’Helengeli, on peut s’offrir un soin au spa, réserver un court de tennis ou taper dans le ballon sur un terrain de foot doté de gazon artificiel. Ici, il y en a pour tous les budgets ou presque. On peut opter pour un forfait tout compris ou pour une villa luxueuse sur la plage avec jacuzzi. Le restaurant de spécialités vaut le détour.

Romantique

Tout comme le Meeru Island Resort, le Maafushivaru Resort, récemment rénové, se situe dans le segment de prix moyen. Sur cette île idyllique aussi, le récif est à deux pas. Il suffit d’emprunter la passerelle. La petite île voisine de Lonubu lui appartient en exclusivité et les hôtes peuvent y faire des pique-niques. Des excursions sur des îles voisines sont proposées par beaucoup de villages de vacances, Maafushivaru étant le seul à disposer de sa propre île. Petit, paradisiaque, romantique, avec un récif de corail pour explorer l’univers sous-marin et un observatoire pour scruter le ciel étoilé, voici Mirihi. Les femmes en particulier savent apprécier le soin apporté aux détails, en plus d’une cuisine excellente et d’un service impeccable et souriant. Ce n’est sans doute pas un hasard si cette île exclusive, située dans le segment de prix supérieur, appartient à une femme. La Zurichoise Amy Stierli a réalisé ici son rêve, qu’elle partage volontiers avec ses nombreux hôtes suisses.

Butler compris

En temps normal, peu d’entre nous ont le rare privilège de se faire dorloter à longueur de journée par un majordome privé. Au Island Hideaway Resort, sur l’île de Dhonakulhi, ce sort enviable est réservé à tous les hôtes: ici, qu’on le veuille ou non, le majordome est automatiquement compris dans le prix du séjour, ce qui ne fait qu’augmenter l’attrait de ce dernier. Certes, il faut s’habituer à cette présence discrète, mais passé le premier jour, on n’y pense plus. Une promenade autour de l’île, qui compte parmi les plus grandes, dure quarante-cinq minutes. Mais la rencontre la plus spectaculaire a eu lieu sur le bateau au large de l’île: en gesticulant à qui mieuxmieux, les guides ont pointé un banc de raies. Mesurant trois mètres sur quatre, les grands poissons au corps aplati se délectaient du plancton rejeté à cet endroit par le canal

Buffets et spas

Les plaisirs de la table font partie intégrante de vacances réussies. Généralement issus du Sri Lanka et d’Inde méridionale, les cuisiniers de tous les hôtels visités préparent des buffets magnifiques, aussi bons que beaux. Des produits frais pour des plats légers à tendance créole où poissons et fruits de mer occupent une place de choix. Viandes tendres, fruits aux couleurs éclatantes et légumes succulents contribuent à des menus riches et variés. Quant à la carte des vins, elle rivalise le plus souvent sans problème avec celles des meilleurs restaurants d’Europe ou des Etats-Unis. Aux Maldives, le spa est incontournable. Occupant un espace restreint à Helengeli et Mirihi, il est plus étendu à Meeru et gigantesque au Island Hideaway Resort. Il est réjouissant de constater que la plupart des vacanciers répondent au sourire accueillant dont le personnel accompagne ses prestations. Ici, les attitudes de diva ont d’autant moins leur place que chacun se promène pieds nus et que les stars incontestées du lieu ne sont autres que le soleil et la mer.

Des actes concrets pour pérenniser un miracle écologique

Les îles Maldives seront-elles englouties par la mer dans 20 ou 50 ans, ou se verront-elles préservées de ce sort tragique? Pour battre en brèche ce scénario catastrophe, Mohamed Nasheed, le nouveau et jeune président de l’archipel, ne reste pas inactif. Tantôt il s’immerge sous l’eau avec son gouvernement au grand complet pour montrer à la face du monde ce qui arrivera si on n’oppose pas au changement climatique des actes concrets. Tantôt il déclare vouloir remplacer, d’ici à 2020, le pétrole par des énergies renouvelables afin d’assurer à son pays un avenir neutre sur le plan du CO2. La compagnie aérienne Edelweiss s’engage concrètement pour la protection de l’environnement. Sur le vol pour Malé, chaque passager reçoit un sac en plastique avec la consigne de ne pas laisser sur l’île les piles usagées et autres bouteilles de shampooing vides, mais de les emporter avec soi. Habitués à trier les déchets, les Suisses s’y plient sans difficulté. Les sacs en plastique remplis sont remis au guichet avant le vol du retour et ramenés en Suisse par Edelweiss pour y être incinérés. Un petit geste, mais qui permet d’assurer que les voyageurs qui se rendent dans ce paradis à l’équilibre précaire n’y laissent rien d’autre que l’empreinte de leurs pieds dans le sable. Les générations suivantes leur en sauront gré quand elles viendront, à leur tour se ressourcer dans cet archipel à la stupéfiante beauté. C’est ce qu’ont fait l’an dernier près de 30000 touristes suisses. Un chiffre élevé au regard du nombre d’habitants que compte notre pays. Plusieurs Helvètes travaillent sur les îles, assurant à ces dernières une certaine dose de suissitude. Ainsi, tandis que les uns contribuent au bon fonctionnement des hôtels, restaurants et activités de détente, les autres paient un prix – au demeurant élevé – pour y séjourner. D’aucuns – et ils sont nombreux – prétendent que c’est bien trop cher payé. Sachant que chaque cuillère ou verre à dent doit être importé, puis transporté par avion ou bateau vers les îles, il est néanmoins permis de relativiser. Voire de considérer que le paradis a son prix. Reste que chacun devrait, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie, céder à l’appel du grand large en s’offrant des vacances aux Maldives.